Beijing Blues, Olympic Blues
Ça y est, on est partis…. Un peu en fanfare, un peu en catastrophe mais surtout en vacances ! C’était il y a bientôt deux mois, nous quittions Pékin après une gastro de la petite, deux jours à l’hôpital, la visite d’un ami, et la course pour vendre la voiture, régler les factures, les désabonnements, trouver des parents adoptifs pour nos plantes, nos radiateurs, nos humidificateurs, trier tant bien que mal pour essayer de partir avec moins de choses etc. !
Et surtout, surtout, PARTIR AVANT les J.O. mais sans toutefois réussir à éviter quelques désagréments parmi ceux qui ont rendus la vie des citoyens infernale pendant quelques temps.
Par exemple la flambée des prix des chambres d’hôtels : nous sommes passés ric-rac pour notre dernière nuit sur place, avant que la même chambre voit son prix multiplié par 5 ! Il y eu aussi les mesures concernant la circulation : pas génial, la circulation alternée quand on déménage… Mais le pire fut évité : en théorie les déménageurs n’avaient le droit que de charger le camion entre minuit et 5 heures du mat., tout comme l’agence de relogement qui avait menacé de venir déposer un énorme lit appartenant au proprio (avant que les déménageurs ne passent, pratique !), pour éviter de venir la nuit.
A l’aéroport ce fut épique : non seulement les douanières ont ouverts tous les sacs, ont tout examiné dans le détail pendant de longues minutes, mais en en plus ils ont ouvert la moitié des petits pots pour les renifler… ainsi qu’un sachet de polysilane (gel) indispensable si ma fille se met à vomir. Heureusement que cela ne fut pas le cas, car une fois ouvert il n’y avait plus qu’à le jeter. C’est à peine si nous avons eu le temps de donner un biberon à la petite avant de monter dans l’avion.
Mais comment se plaindre quand on pense au prix payé par les classes moyenne et populaire pékinoises… Des centaines, que dis-je, des milliers sans doute de petits business au chômage technique, car tous les gongmin, toute la main d’œuvre bon marché, ont été priée de quitter la ville. Leur départ n’a pas touché que les chantiers. Des centres commerciaux et des magasins désertiques, pendant au moins deux mois avant les J.O., suite aux restrictions dans l’attribution des visa. Les visa temporaires, les étudiants ont tous été priés de vider les lieux, tout comme les touristes totalement découragés de s’y pointer ! J’espère que les petits commerce et entrepreneurs auront comblé leur manque à gagner pendant les Jeux.
Les J.O…. une fête populaire ? Il a été fortement recommandé aux pékinois de les regarder a la télévision, chez eux et d’éviter de se rassembler dans les lieux publics. De nombreux bars et autres établissements festifs ont été purement et simplement fermés ; quand ils restent ouverts ils n’ont pas le droit d’utiliser leur terrasse, ou doivent fermer à 2h du matin.
Les billets pour assister aux compétitions ? Réquisitionnés par l’administration chinoise, qui a rempli les gradins de gentils employés formés à ne pas faire de vagues, et à applaudir dans le bon sens les équipes chinoises. Le temps passé à assister aux J.O. a été même décompté dans le temps de travail. Autrement dit des spectateurs tout à fait passionnés… qui ne savent parfois même pas à quoi ils assistent !
La cérémonie d’ouverture ? Mégalo et démesurée, mais aussi grandiose, sublime, magnifique, même aperçue du coin de l’œil pendant la réunion de famille dominicale en France. Même si cela avait l’air plus d’une célébration de la culture chinoise que des Jeux Olympiques. Cela a failli être mon point positif. Jusqu’à un certain moment… Suis-je la seule à avoir été choquée par ce tableau propagandiste tout droit sorti de l’ère maoïste, quand une petite fille offre une fleur à un soldat de l’armée populaire de libération??? Que vient faire l’armée dans l’esprit olympique ? On aurait dit un beau rêve qui tourne au cauchemar, où les démons communistes sortent de leur boite en ricanant « attention… nous sommes toujours la ! ».
Bref ces jeux m’ont laissé partir de Pékin sur une impression très malsaine. Je n’ai pas vu ou était la fête. Si vous avez un témoignage positif, n’hésitez pas à le laisser en commentaire, je serais ravie de le lire !


September 19th, 2008 08:40
Contente d’avoir enfin des nouvelles.
Et plus de précisions sur votre départ.