Archive for the ‘Yangshuo’ Category

En anglais… (suite)

Sunday, September 10th, 2006

6h50 du matin à Yangshuo. Sur les rives de la rivière Li, les habitants du village font leurs exercices matinaux, et la combinaison des mouvements de Tai Qi et des survêtements Adidas - de contrefaçon, of course - est du plus bel effet. Encore quelques heures de ce côté-ci du paradis avant le départ pour Chengdu. Comment rassembler, en quelques lignes, les dizaines de kilomètres parcourus à vélo, à moto et à plus-soif? Silence aux alentours, mis à part le crachat d’une montgolfière qui se glisse nonchalamment entre les pics des montagnes. Parlons-en.

Ce gros ballon de baudruche emporte quotidiennement - et même 2 fois chaque jour - les visiteurs qui sont prêts à payer le prix. Un voyage d’une heure à travers des paysages somptueux, certes, qui se monaie pour l’équivalent du salaire trimestriel d’un habitant du village. Voir le bec à gaz s’allumer dans le ciel, ça vous fait quelque chose. 

Peut-être que, dans quelques années, le ciel de Yangshuo sera rempli de montgolfières. Peut-être que les locaux en feront leur moyen de transport de prédilection, plein aux poches qu’ils seront grâce à l’essor de l’industrie touristique. En attendant, on se déplace à vélo. Et on apprend l’anglais - puisque, paraît-il, c’est le ticket pour le ciel.

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Yangshuo Culture House

Wednesday, September 6th, 2006

Il y a des endroits qui n’appartiennent à personne, mais auxquels chacun appartient. La “Maison de la culture de Yangshuo”, située à l’extérieur du district touristique du village, est sans doute un peu trop confidentielle pour être intégrée au patrimoine mondial de l’humanité. Mais, pour ceux qui arrivent jusque là, le lieu est, effectivement, une maison.

Il y a quelques années, Wei, un habitant de la région lassé de son travail payant mais peu gratifiant dans les agences de tourisme de masse, a ouvert les portes de la demeure familiale pour y acceuillir les visiteurs désireux d’en apprendre un peu plus sur la culture locale. La région de Yangshuo est un assemblage de rizières et de petites fermes parsemées entre les montagnes et les rivières, mais dans le ghetto touristique le chant des oiseaux fait place à la techno bon marché. Au centre de cet univers parallèle: la très courrue Xie Jie (”Rue de l’Ouest”), où s’entremêlent échoppes de souvenirs et restaurants occidentaux, magasins de DVD  et revendeurs de crême glacée, et où l’écrasante majorité des visiteurs loue une chambre le temps d’un court séjour. La maison de Wei offre, en lieu et place de ces plaisirs consumméristes, une vue imprenable sur les toîts du voisinage et trois repas en commun chaque jour. Avec, en prime, une fenêtre ouverte sur les univers qu’apportent avec eux les habitants provisoires de la maison. Ce soir, autour de la table: deux Irlandais, un Thailandais londonnien, une Philipinne (londonienne elle aussi), deux Espagnols, une Belge… et les trois générations qui vivent sous ce toit - sans compter toute la généalogie des honorables ancêtres qui ne sont jamais bien loin. Les parties de jeux de cartes succèdent au repas, et, dans la moiteur de ce soir d’été, on se laisse vivre doucement, portés ensemble par l’atmosphère chaleureuse. Rien d’autre à dire, finalement, que le plaisir d’être ici.

En anglais dans le texte

Saturday, September 2nd, 2006

Hier soir, en remontant la rivière, je me suis fait accoster - fort gentiment - par quatre jeunes chinoises avides de parler anglais. Il faut dire que, par ici, avoir le visage un peu pâle suffit à vous faire passer pour un anglophone accompli. Fort gentiment aussi, je leur ai suggéré de remettre le projet à demain - c’est-à-dire aujourd’hui. C’est à présent chose faite. Deux mots sur un épisode marquant de cette journée qui en comporte beaucoup d’autres:

À la recherche de fraîcheur sous le soleil de midi, nous nous sommes assises au bord de la rivière. Présentation, questions, réponses, échange fort plaisant de tout et de rien à la surface de l’eau. Puis une barque s’est approchée, et après une discussion mouvementée avec le capitaine de l’embarquation (tout se négocie, et nous avons finalement payé, à 5, le tarif “parfois demandé” à un visiteur, s’il semble avoir les poches suffisamment pleines), nous avons levé l’ancre pour deux heures de navigation vers le village de Fuli. Un régal (et un coup de soleil sur le nez).

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De retour sur le plancher des vaches, les demoiselles ont proposé d’aller manger un bout. Je me préparais à découvrir une petite échoppe chinoise de derrière les fagots, mais le cri de ralliement fut tout autre: “let’s go to KFC (Kentucky Fried Chicken, pour ceux qui ont la chance de ne pas connaitre ce fast food américain spécialisé - on s’en sera douté - dans le poulet frit)!”. Très naïvement, j’ai acquiescé en me disant que ça leur faisait plaisir. Grossière erreur! En vérité, c’était un geste d’hospitalité pure. Keiko a fini par m’avouer que c’était la première fois qu’elle venait ici, mais qu’elles n’avaient pas les moyens de m’inviter au restaurant (j’avais protesté, en vain, mais j’étais définitivement l’invitée de la journée) et que les échoppes chinoises n’étaient certainement pas assez propres pour moi. Mon estomac s’est serré. “Je préfère le riz, la nourriture d’ici, des choses simples” dit-elle. Moi aussi. Et, de fait, mis à part Valéry qui a un copain plein aux as, c’était, pour nous toutes, la première fois au Kentucky Fried Chicken. 

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Tous les goûts sont dans la nature

Friday, September 1st, 2006

Pour rester dans la thématique gustative, parlons donc du goût du voyage: salé, au départ d’Hong Kong (ville maritime et fort coûteuse). Une heure de bateau puis débarquement en Chine, au port de Shekou, dans les confins de Shenzhen. De là, le goût du soleil sur le bitume a laissé place à celui des couloirs du train: 16 heures et des poussières (même beaucoup de poussière) pour arriver à Guilin le lendemain matin (http://www.youtube.com/watch?v=wnqOd1CJKXE). Un goût brumeux, ensommeillé, durant la journée de promenade entre les grottes et les parcs de cette petite ville verdoyante. Puis une chevauchée de bus - un goût commun - jusque Yangshuo, finalement.

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L’endroit est unique. Petit village bordé de montagnes, Yangahuo est devenu une carrefour entre les minorités ethniques et les agences touristiques. Terre de contrastes où, comme dans beaucoup d’endroits en Chine, se cotoient le détaillant Adidas (sans vouloir faire de publicité gratuite) et le marchand de poisson crevé, ici, peut-être plus qu’ailleurs, on assiste à l’”anglisisation” d’une partie de la population pour qui travailler dans le secteur touristique est gage d’un meilleur revenu. Quant au reste… quel reste?

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(ci-dessus: sur les rayons de la librairie de Yangshuo)