Archive for the ‘Hong Kong’ Category

Back to Bach

Thursday, September 28th, 2006

J’ai quitté les régions montagneuses avec des chaussures respectables (1.5 kg à chaque pied), une gabardine (fort utile à Xi’an ces derniers jours), une écharpe rouge et un parapluie (au cas ou le froid ou l’humidité décideraient de s’installer un peu plus perceptiblement). Habitude prise suite aux longs voyages de bus dont on connaît l’heure de départ mais jamais d’arrivée, j’ai aussi emporté à boire et à manger, à lire et à écouter - bref: de quoi parcourir la route de la soie aller et retour dans la froideur qui approche. Toutes ces précautions se sont cependant avérées non seulement superflues, mais aussi fort encombrantes pour aller de Xi’an à Shenzhen: quelques centaines de kilomètres plus au sud et revoilà les 30 degrés bien sonnés, les promeneurs en shorts et slashs, et puis cette odeur de sel dans l’air - la mer est à bout de bras. J’ai retrouvé, cependant, les parapluies. Mais, ici, ils protègent du soleil les jeunes filles qui veulent garder le teint blême.
Si les vêtements de trappeur étaient donc inutiles, j’ai tout de même fait - pour la première fois - usage de mon kit de divertissement personnel: un lecteur de mp3 en forme de pomme et une paire de monstrueux écouteurs, moelleux comme des cakes à la carotte, tampons imparables contre la réalité du monde externe. Je l’avais laissé en plan jusqu’à présent; j’avais plutôt soif des mélopées locales. Conversations dans un patois insondable, coups de klaxon à gogo, bruits corporels en tous genres: c’est l’abécédaire de la décibélité chinoise, à déguster sur le pouce, au gré des transports en commun, et c’est savoureux. Aujourd’hui, pourtant, était un jour pour la musique en boîte. Et, de fait, en cruisant à travers les rues de Shenzhen au son de “Strange Days” de Jim Morisson, depuis mon beau bus bleu j’ai eu droit à l’expérience fort plaisante de la “cinématification” du voyage: peu importe où l’on se rend, vivre le déplacement au rythme du walkman donne aux paysages que l’on croise un air de septième art. Ça vous habille le regard, ça donne aux mouvements de passants des airs de ballet contemporain, et ça fait du plus quelconque trajet de bus un authentique road movie.
J’en étais là de cette mini-extase routarde lorsque les Doors - encore eux - ont surenchéri avec “Love Me 2 Times”. Sur le chemin du retour à Hong Kong, cela semblait plutôt auspicieux.

Le gout d’hier

Tuesday, August 29th, 2006

Avec “Capri, c’est fini” dans la tête, départ de Hong Kong. Au revoir mièvre avec une ville impénetrable et superficielle à la fois, où se sont écoulés quelques jours longs comme des années. Comme si le smog venu de toutes les usines de la Chine, coincé ici par les montagnes et donnant aux gratte-ciels un air de ramoneur, se déposait sur les gens, les sourires, les poignées de main. L’endroit est fascinant, mais son heure de gloire semble passée. Jugement hâtif? On se revoit dans un mois exactement.

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Journée à la plage

Sunday, August 27th, 2006

Qu’on ne s’y trompe pas: le titre sus-mentionné est à prendre au second degré, voire beaucoup plus - je dirais même tout en haut des 60 degrés d’inclinaison qui mènent de la plage en question au poste montagnard depuis lequel j’écris ces lignes. Je m’explique.

Avec un savant mélange de planification et d’improvisation, l’envie de voir - et de sentir! - la mer d’ici s’est faite carrément palpable ce matin. Le territoire de la SAR de Hong Kong comportant une floppée d’îles de toutes tailles et de toutes sortes, les possibilités étaient infinies. Le facteur temps et accessibilité était, quant à lui, décisif: déjà midi, et il s’agissait d’arriver à la plage, et d’en revenir.

Dans un moment pareil, la fameuse capacité de compromis belgo-belge est une arme redoutable. À la recherche d’une oasis de tranquillité pour contempler la Grande Eau, j’optai néanmoins pour le spot le plus courru de l’île de Hong Kong (”Repulse Bay”, dont les brochures touristiques vantaient sans complexe la beauté, et ce malgré un nom qui est, il faut le dire, peu attrayant) puisque le plus facile d’accès. Mais si la tendance au compromis est bien une arme, elle est, comme le veut l’expression, à double tranchant… 

Quelques kilomètres de transports en commun plus tard, la vue panoramique depuis le deuxièment étage du bus sur la grandiose Repulse Bay suffit à me convaincre de tenter ma chance plus loin. Plage bondée sur fond de gratte-ciels qui feraient pâlir la côte belge: non merci. Le bus se rendant au village suivant, Stanley, je me laisse (au présent) porter jusque là. Mais, après une brêve visite au temple local de la déesse de la mer, les démons du midi sont revenus à la charge. Stanley fut, peut-être, un village de pêcheurs. Il abrite à présent des échopes de touristes et des restaurants italiens.

Il fait chaud et il est l’heure de se décider. Avec un courage qui frise la témérité, je troque mon sweat-shirt noir contre un T-shirt “I love HK” acheté sur place, et bien plus léger. Armée d’une bouteille d’eau et prête à affronter l’adversité dans ce nouvel uniforme, je tente - en vain - de prendre un bus vers la plage qui, à vue de nez, me semble la plus isolée sur la carte. Pas de convoi à l’horizon. C’est parti pour le taxi. Après 20 minutes de voyage entre des bosses et des fosses couvertes de verdure, je pense que ma quête arrive à sa fin lorsque j’apperçois, sur le côté de la route, un panneau vers la “Big Wave Bay” de mes rêves. Mais l’illusion est de courte durée, car à ce panneau succède celui, beaucoup plus pragmatique, que l’on retrouve partout à Hong Kong durant les week-end: “parking full”.

En descendant du taxi, j’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose. Peut-être que le groupe de promeneurs en maillot de bain m’a mis la puce à l’oreille. Toujours est-il que, lorsque j’ai débouché sur la plage, et me suis soudain trouvée en plein rassemblement de vacanciers du dimanche (des indigènes, en quelque sorte) en train de prendre le soleil et de jouer au beach volley au son du transistor, j’ai poussé un grand soupir. Puis j’ai mis les pieds dans l’eau. Et le reste a suivi.

Apperçu un chemin sur le flanc de la falaise qui encercle la baie. Tenté l’expérience. Discuté avec un coupe d’Hong Kongais fort sympathiques. Puis lancée sur le chemin, qui monte, et tourne, et monte. Croisé quelques marcheurs, des papillons gros comme des souris, un monsieur qui transportait sa radio dans un sac jaune d’où sortait une mélancolique musique chinoise traditionnelle, un autre mélomane (plus écolo) qui marchait en chantant, l’un ou l’autre coureurs, torses nu et serviettes sur l’épaule, et des Luxembourgeois. Et, finalement, contemplé la mer depuis ces hauteurs qui ne cessaient d’aller plus haut, sur un chemin de pierre qui traversait la montagne couverte de végétation. Le rêve, ou la réalité?

Épilogue:

Après… je suis arrivée au niveau de la mer - à nouveau. C’est-à-dire: au pied de la montage et des buildings. J’y ai mangé pour la première fois une chose étrange - et j’espère que c’est la dernière - discuté avec un pêcheur (du dimanche, lui aussi), puis pris le bus vers mon point de départ. L’accomplissement du jour, c’est donc d’avoir fait le tour de l’île sans faire exprès. 

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La Grande Bretagne en Chine

Friday, August 25th, 2006

(premier épisode d’un série double)

Comme chacun le sait, nos amis les Anglais ont glissé Hong Kong et les alentours dans leur poche au milieu du 19ème siècle, en demandant au passage à la Chine de verser une indemnité de 12 millions de pièces pour les frais de déplacement (la flotte de sa majesté a tout de même dû tirer quelques coups de canon). Il y a presque 10 ans, Hong Kong retournait à la Chine (avec un panier d’orchidée, pour ceux qui ont suivi!). Mais on ne se débarasse pas si facilement de plusieurs décennies d’impérialisme british. Témoin charmant du passé: le réseau de transports en commun. D’une part, des trams d’époque, à deux étages, qui longent la rive nord de l’île de Hong Kong au rythme de grincements et de coups de klaxon sortis d’une autre époque. D’autre part, les “star ferry” qui relient cette île à celle de Kowloon et de Lantau pour un tarif symboliquement identique à celui des trams (à savoir: 2 dollars HK). Irrésistible.

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Hong Kong Central Library

Thursday, August 24th, 2006

Musique classique et tapis bleu: la bibliothèque centrale de Hong Kong vous informe cordialement (et avec le sourire) que les portes se fermeront dans 15 minutes. Juste le temps de mettre sous presse quelques images et de dire à demain…

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Petite info culturelle quand même: le symbole de l’endroit, la “bauhinia blakeana” (plus connue sous le nom d’”orchidée de Hong Kong”) dorée qui trône à côté du centre de convention. Découverte à la fin du 19ème siècle, elle a été choisie comme symbole lorsque les Anglais sont partis, emportant avec eux leur drapeau. Pour l’anecdote, la plante est stérile…