Le guide previent d’emblee: “Chengdu est une authentique ville asiatique de par son manque de respect nonchalant des noms de rues comme de la numerotation” (traduction libre)! Apres une journee de velo, j’acquiesce et je tire mon chapeau a tous ceux qui sont ici a la maison: pour trouver son chemin au quotidien dans ce labyrinthe qui dit “non” a la rationnalite, il faut un sacre flair. Munie du tres sommaire plan de ville offert gracieusement par l’auberge de jeunesse, j’ai seme aux 4 vents des “ou sommes-nous?” et des “comment y aller?” dans un mandarin essouffle. Si je finissais la plupart du temps par me faire comprendre, la carte que je montrais a mes sauveurs semblait demeurer pour eux insondable. On m’a plus d’une fois dit d’aller a droite en indiquant la gauche. Je suppose qu’a se diriger au pif pendant toute une vie, on en arrive a perdre le sens de la cartographie. Ca n’en reste pas moins confondant pour le visiteur fraichement arrive, qui s’accroche a son bout de papier comme a une bouee dans l’ocean. J’ai fini par lacher prise, et je me suis perdue pour me retrouver: portee de temples en temples par une maree humaine et cycliste, j’ai retouve le chemin de la maison. Apres une journee a Chengdu, mon nez est, peut-etre, un peu plus long.