Journée à la plage
Qu’on ne s’y trompe pas: le titre sus-mentionné est à prendre au second degré, voire beaucoup plus - je dirais même tout en haut des 60 degrés d’inclinaison qui mènent de la plage en question au poste montagnard depuis lequel j’écris ces lignes. Je m’explique.
Avec un savant mélange de planification et d’improvisation, l’envie de voir - et de sentir! - la mer d’ici s’est faite carrément palpable ce matin. Le territoire de la SAR de Hong Kong comportant une floppée d’îles de toutes tailles et de toutes sortes, les possibilités étaient infinies. Le facteur temps et accessibilité était, quant à lui, décisif: déjà midi, et il s’agissait d’arriver à la plage, et d’en revenir.
Dans un moment pareil, la fameuse capacité de compromis belgo-belge est une arme redoutable. À la recherche d’une oasis de tranquillité pour contempler la Grande Eau, j’optai néanmoins pour le spot le plus courru de l’île de Hong Kong (”Repulse Bay”, dont les brochures touristiques vantaient sans complexe la beauté, et ce malgré un nom qui est, il faut le dire, peu attrayant) puisque le plus facile d’accès. Mais si la tendance au compromis est bien une arme, elle est, comme le veut l’expression, à double tranchant…
Quelques kilomètres de transports en commun plus tard, la vue panoramique depuis le deuxièment étage du bus sur la grandiose Repulse Bay suffit à me convaincre de tenter ma chance plus loin. Plage bondée sur fond de gratte-ciels qui feraient pâlir la côte belge: non merci. Le bus se rendant au village suivant, Stanley, je me laisse (au présent) porter jusque là. Mais, après une brêve visite au temple local de la déesse de la mer, les démons du midi sont revenus à la charge. Stanley fut, peut-être, un village de pêcheurs. Il abrite à présent des échopes de touristes et des restaurants italiens.
Il fait chaud et il est l’heure de se décider. Avec un courage qui frise la témérité, je troque mon sweat-shirt noir contre un T-shirt “I love HK” acheté sur place, et bien plus léger. Armée d’une bouteille d’eau et prête à affronter l’adversité dans ce nouvel uniforme, je tente - en vain - de prendre un bus vers la plage qui, à vue de nez, me semble la plus isolée sur la carte. Pas de convoi à l’horizon. C’est parti pour le taxi. Après 20 minutes de voyage entre des bosses et des fosses couvertes de verdure, je pense que ma quête arrive à sa fin lorsque j’apperçois, sur le côté de la route, un panneau vers la “Big Wave Bay” de mes rêves. Mais l’illusion est de courte durée, car à ce panneau succède celui, beaucoup plus pragmatique, que l’on retrouve partout à Hong Kong durant les week-end: “parking full”.
En descendant du taxi, j’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose. Peut-être que le groupe de promeneurs en maillot de bain m’a mis la puce à l’oreille. Toujours est-il que, lorsque j’ai débouché sur la plage, et me suis soudain trouvée en plein rassemblement de vacanciers du dimanche (des indigènes, en quelque sorte) en train de prendre le soleil et de jouer au beach volley au son du transistor, j’ai poussé un grand soupir. Puis j’ai mis les pieds dans l’eau. Et le reste a suivi.
Apperçu un chemin sur le flanc de la falaise qui encercle la baie. Tenté l’expérience. Discuté avec un coupe d’Hong Kongais fort sympathiques. Puis lancée sur le chemin, qui monte, et tourne, et monte. Croisé quelques marcheurs, des papillons gros comme des souris, un monsieur qui transportait sa radio dans un sac jaune d’où sortait une mélancolique musique chinoise traditionnelle, un autre mélomane (plus écolo) qui marchait en chantant, l’un ou l’autre coureurs, torses nu et serviettes sur l’épaule, et des Luxembourgeois. Et, finalement, contemplé la mer depuis ces hauteurs qui ne cessaient d’aller plus haut, sur un chemin de pierre qui traversait la montagne couverte de végétation. Le rêve, ou la réalité?
Épilogue:
Après… je suis arrivée au niveau de la mer - à nouveau. C’est-à-dire: au pied de la montage et des buildings. J’y ai mangé pour la première fois une chose étrange - et j’espère que c’est la dernière - discuté avec un pêcheur (du dimanche, lui aussi), puis pris le bus vers mon point de départ. L’accomplissement du jour, c’est donc d’avoir fait le tour de l’île sans faire exprès.

August 27th, 2006 at 9:38 am
i walked in to a tree on my way home from work on thursday night. i have a cut on my head. its nothing serious but it was like the country reaching into the city and saying “c’mon man, you said we’d hang out!”
it looks like a beautiful corner of the world… the kind of spot you could get lost in and forget you are lost!
September 4th, 2006 at 5:03 am
c’est quoi le “truc bizarre” que tu as mangé ???
September 6th, 2006 at 6:13 am
A l’heure actuelle, c’est encore un mystere… ca ressemblait à des boulettes de tofu frit (supposément bon et végétarien, donc), mais ca avait un gout carrement douteux, quelque part entre le scampi pas frais et le choux brulé. Je pense que c’est un genre de fruit de mer broyé… Hautement déconseillé!