Archive for August, 2006

Le gout d’hier

Tuesday, August 29th, 2006

Avec “Capri, c’est fini” dans la tête, départ de Hong Kong. Au revoir mièvre avec une ville impénetrable et superficielle à la fois, où se sont écoulés quelques jours longs comme des années. Comme si le smog venu de toutes les usines de la Chine, coincé ici par les montagnes et donnant aux gratte-ciels un air de ramoneur, se déposait sur les gens, les sourires, les poignées de main. L’endroit est fascinant, mais son heure de gloire semble passée. Jugement hâtif? On se revoit dans un mois exactement.

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Journée à la plage

Sunday, August 27th, 2006

Qu’on ne s’y trompe pas: le titre sus-mentionné est à prendre au second degré, voire beaucoup plus - je dirais même tout en haut des 60 degrés d’inclinaison qui mènent de la plage en question au poste montagnard depuis lequel j’écris ces lignes. Je m’explique.

Avec un savant mélange de planification et d’improvisation, l’envie de voir - et de sentir! - la mer d’ici s’est faite carrément palpable ce matin. Le territoire de la SAR de Hong Kong comportant une floppée d’îles de toutes tailles et de toutes sortes, les possibilités étaient infinies. Le facteur temps et accessibilité était, quant à lui, décisif: déjà midi, et il s’agissait d’arriver à la plage, et d’en revenir.

Dans un moment pareil, la fameuse capacité de compromis belgo-belge est une arme redoutable. À la recherche d’une oasis de tranquillité pour contempler la Grande Eau, j’optai néanmoins pour le spot le plus courru de l’île de Hong Kong (”Repulse Bay”, dont les brochures touristiques vantaient sans complexe la beauté, et ce malgré un nom qui est, il faut le dire, peu attrayant) puisque le plus facile d’accès. Mais si la tendance au compromis est bien une arme, elle est, comme le veut l’expression, à double tranchant… 

Quelques kilomètres de transports en commun plus tard, la vue panoramique depuis le deuxièment étage du bus sur la grandiose Repulse Bay suffit à me convaincre de tenter ma chance plus loin. Plage bondée sur fond de gratte-ciels qui feraient pâlir la côte belge: non merci. Le bus se rendant au village suivant, Stanley, je me laisse (au présent) porter jusque là. Mais, après une brêve visite au temple local de la déesse de la mer, les démons du midi sont revenus à la charge. Stanley fut, peut-être, un village de pêcheurs. Il abrite à présent des échopes de touristes et des restaurants italiens.

Il fait chaud et il est l’heure de se décider. Avec un courage qui frise la témérité, je troque mon sweat-shirt noir contre un T-shirt “I love HK” acheté sur place, et bien plus léger. Armée d’une bouteille d’eau et prête à affronter l’adversité dans ce nouvel uniforme, je tente - en vain - de prendre un bus vers la plage qui, à vue de nez, me semble la plus isolée sur la carte. Pas de convoi à l’horizon. C’est parti pour le taxi. Après 20 minutes de voyage entre des bosses et des fosses couvertes de verdure, je pense que ma quête arrive à sa fin lorsque j’apperçois, sur le côté de la route, un panneau vers la “Big Wave Bay” de mes rêves. Mais l’illusion est de courte durée, car à ce panneau succède celui, beaucoup plus pragmatique, que l’on retrouve partout à Hong Kong durant les week-end: “parking full”.

En descendant du taxi, j’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose. Peut-être que le groupe de promeneurs en maillot de bain m’a mis la puce à l’oreille. Toujours est-il que, lorsque j’ai débouché sur la plage, et me suis soudain trouvée en plein rassemblement de vacanciers du dimanche (des indigènes, en quelque sorte) en train de prendre le soleil et de jouer au beach volley au son du transistor, j’ai poussé un grand soupir. Puis j’ai mis les pieds dans l’eau. Et le reste a suivi.

Apperçu un chemin sur le flanc de la falaise qui encercle la baie. Tenté l’expérience. Discuté avec un coupe d’Hong Kongais fort sympathiques. Puis lancée sur le chemin, qui monte, et tourne, et monte. Croisé quelques marcheurs, des papillons gros comme des souris, un monsieur qui transportait sa radio dans un sac jaune d’où sortait une mélancolique musique chinoise traditionnelle, un autre mélomane (plus écolo) qui marchait en chantant, l’un ou l’autre coureurs, torses nu et serviettes sur l’épaule, et des Luxembourgeois. Et, finalement, contemplé la mer depuis ces hauteurs qui ne cessaient d’aller plus haut, sur un chemin de pierre qui traversait la montagne couverte de végétation. Le rêve, ou la réalité?

Épilogue:

Après… je suis arrivée au niveau de la mer - à nouveau. C’est-à-dire: au pied de la montage et des buildings. J’y ai mangé pour la première fois une chose étrange - et j’espère que c’est la dernière - discuté avec un pêcheur (du dimanche, lui aussi), puis pris le bus vers mon point de départ. L’accomplissement du jour, c’est donc d’avoir fait le tour de l’île sans faire exprès. 

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La Grande Bretagne en Chine

Friday, August 25th, 2006

(premier épisode d’un série double)

Comme chacun le sait, nos amis les Anglais ont glissé Hong Kong et les alentours dans leur poche au milieu du 19ème siècle, en demandant au passage à la Chine de verser une indemnité de 12 millions de pièces pour les frais de déplacement (la flotte de sa majesté a tout de même dû tirer quelques coups de canon). Il y a presque 10 ans, Hong Kong retournait à la Chine (avec un panier d’orchidée, pour ceux qui ont suivi!). Mais on ne se débarasse pas si facilement de plusieurs décennies d’impérialisme british. Témoin charmant du passé: le réseau de transports en commun. D’une part, des trams d’époque, à deux étages, qui longent la rive nord de l’île de Hong Kong au rythme de grincements et de coups de klaxon sortis d’une autre époque. D’autre part, les “star ferry” qui relient cette île à celle de Kowloon et de Lantau pour un tarif symboliquement identique à celui des trams (à savoir: 2 dollars HK). Irrésistible.

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Hong Kong Central Library

Thursday, August 24th, 2006

Musique classique et tapis bleu: la bibliothèque centrale de Hong Kong vous informe cordialement (et avec le sourire) que les portes se fermeront dans 15 minutes. Juste le temps de mettre sous presse quelques images et de dire à demain…

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Petite info culturelle quand même: le symbole de l’endroit, la “bauhinia blakeana” (plus connue sous le nom d’”orchidée de Hong Kong”) dorée qui trône à côté du centre de convention. Découverte à la fin du 19ème siècle, elle a été choisie comme symbole lorsque les Anglais sont partis, emportant avec eux leur drapeau. Pour l’anecdote, la plante est stérile…

Circonférences

Tuesday, August 22nd, 2006

Édition 2006 du “Harvard Project for International Relations” (HPAIR): 

Quatre jours - et autant de nuits - de rencontres et de discussion. Rassemblés par le goût du débat et/ou de la bière locale, beaucoup d’asiatiques, quelques américains, l’un ou l’autre européen. Un très belle expérience, dont on reparle très bientôt!

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Des photos de la conférence et des alentours ont été mises en ligne par Anthony depuis la Nouvelle Zélande.

La main dans le sac

Wednesday, August 16th, 2006

Singapour. Avec un goût sûr pour la réglementation et le maintien de l’ordre public, la ville-état est parsemée de panneaux préventifs (surtout ne pas: fumer dans un lieu public, manger dans les transports en commun, faire du bruit dans les bilbiothèques, poser trop de questions, traverser au feu rouge, et - authentique - mâcher un chewing-gum (”pas interdit, mais fortement déconseillé”, précise le chauffeur de taxi). Les rues sont propres. Le meilleur des mondes?

Ce qui est en tous cas fascinant, c’est le brassage de cultures. Comme le dit le guide, traverser Singapour, c’est voir l’Asie en un jour. Chinois, Indiens de toutes les confessions, Musulmans, Malais… Tous se partagent les rues et un amour commun pour la nourriture et le shopping (si vous êtes à Montréal, lire: magasinage). Avec un pragmatisme bien senti, on croise tout ce beau monde dans les différents temples. Et pour cause: on ne perd rien à faire la révérence au dieu d’à côté…

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In and Out

Monday, August 14th, 2006

Shanghai se situe à une nuit de train de Beijing, c’est-à-dire à une quasi infinité de rencontres possible le temps du voyage. J’ai discuté, à l’aller et au retour, avec des Shangaïens (?) en transit: le premier revenait de Pékin, le deuxième y allait. À chaque fois, fenêtre ouverte sur un monde unique, à mi-chemin entre l’anglais et le chinois (et c’est là que le dictionnaire de poche s’avère fort utile…).

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Le trajet de la gare de Pékin jusque chez Lin Fan a quant à lui été spectaculaire. C’est qu’un arrêt dans un temple taoiste s’est invité au programme. Un univers à part entière, une bulle de folie sage au coin d’un carrefour anonyme. Le temple abrite une série de “départements” taoistes qui ont tous leur fonction propre, dans cette vie ou dans la suivante: département de la longévité, département du bonheur, département de la rétribution des bonnes actions et du châtiment si nécessaire. Mon favori: 

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Demain à l’aube, envol pour Singapour et la conférence du Harvard Project for Asian and International Relations. Un sac d’affaires à préparer. Elles semblent lointaines, les portes du département du sommeil…

Contrastes

Friday, August 11th, 2006

Profiter d’un forfait Internet fort cher payé et déballer son sac d’images, vite-vite, avant de piquer un somme et de repartir à la cueillette. Ceci dit, la ballade de cet après-midi vaut bien quelques mots…
Yu Yuan, le “jardin de la joie”, est un cadeau que fit le gouverneur du Sichuan à son père au 15ème siècle, et une aubaine pour les promeneurs en mal de tranquillité relative. À l’abri derrière des murs qui en ont vu d’autres, on respire un grand coup hors du brouaha touristico-mercantile de la vieille ville. Et, à la sortie, les retrouvailles avec l’architecture de Shanghai sont d’autant plus saisissantes. Le paté de maisons qui forme le quartier est littéralement encerclé de buildings-champignons. Puis, si on quitte cette zone préservée (voir ci-dessous: touristique), on tombe (littéralement à nouveau) dans des petites rues ou il ne semble pas y avoir grand chose sinon des gens, beaucoup de gens, qui vivent avec très peu.
De passage dans une de ces ruelles, je n’ai pas pris de photo. C’était déjà beaucoup d’être là. Avant, après, d’autres images: des bouts de ville en mutation.

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Déjà demain

Thursday, August 10th, 2006

Arrivée mercredi matin dans le tourbillon de Shanghai. Au train de nuit succède le train-train d’un quotidien peu banal: tout va vite, très vite, et entre les néons des avenues commerçantes et les sous-terrains psychédéliques, on est déjà demain…
De fait, la ville semble résolument branchée sur l’avenir: si Pékin est toute entière tournée vers les Jeux de 2008, Shanghai se prépare pour l’Expo de 2010. J’ai parcouru au hasard, dans une librairie géante, un livre de photographie mettant face-à-face des images de Shanghai hier (comprendre: il y a une dizaine d’années) et aujourd’hui. Il faut le voir pour le croire: grattes-ciel qui poussent le temps d’un soupir, voies rapides qui défrêchent les jardins, centres commerciaux qui engloutissent les temples. Mais les traces de ce passé demeurent bien présentes, et le contraste entre ces mondes parallèles plutôt fou. Mode d’emploi du choc culturel à Shanghai: marcher 10 minutes sur Nanjing Lu (la “Voie Dorée” du commerce international, où, dixit le pamphlet “Shanghai, paradis du shopping” distribué par l’office du tourisme, “des centres de commerciaux tout neufs se dressent comme des pousses de bambou après la pluie”) puis tourner à gauche, à droite, n’importe où, et marcher dans une ruelle adjacente. Les shopping center font place aux charettes, le train touristique aux bicylettes, et l’air conditionné à la chaleur pleine d’odeurs des arrières-cours chinoises. Rafraîchissant.

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Dashanzi

Monday, August 7th, 2006

Visite de Dashanzi, district industriel aux couleurs de la révolution culturelle converti en antre de l’art contemporain. Les étoiles rouges sur les portes des ateliers sont d’époque! On peut difficilement rêver meilleur site pour mettre en évidence la force de frappe des artistes modernes. Une bouffée d’air frais parmi les cheminées grises…

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Radio Canada propose ici un documentaire sur ce quartier peu commun.