October 20th, 2006 by Thierry
En parlant de road-trip, j’écris ces ultimes lignes depuis la Pontiac lancée sur la route qui relie Sacramento à San Francisco! Un route historique parmi toutes celles de la Californie, tracées tantôt par les roues des chariots des pioniers, tantôt par les coups de pioches des chercheurs d’or. Quelques jours pour explorer leurs ornières, c’est un morceau de bonheur bref et intense. Un genre de marathon du Pacifique à la Sierra Nevada et retour, passant – pour ceux qui aiment la géographie – par San Francisco, puis la baie de Monterey, les plaines centrales, le parc national de Yosemite, le lac salé de Mono, le village fantôme de Bodie, la passe de Sonora, puis la route des mines d’or et des terres indiennes jusque Sacramento et San Francisco à nouveau. Avec une paresse mal déguisée, je dirais que les images parleront pour nous…
À l’heure de rentrer au bercail, de dire au revoir au Far West après avoir chatouillé l’Orient, les yeux remplis de merveilles et le cœur débordant d’histoires, et les valises un peu plus lourdes qu’à l’aller, je dirais aussi que le voyage, avec ses cycles, nous porte de la fin au commencement : après avoir savouré de nouveaux mondes, c’est le retour aux anciens qui s’annonce plein de saveurs…

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October 18th, 2006 by Thierry
Jour 4 (ilatère) :
Flocons blancs sur les crêtes de la Sierra Nevada pour saupoudrer cette journée consacrée aux minéraux : des colonnes de Tufa de Mono Lake (roches formées par la rencontre de l’eau de source et de l’eau salée dans une mer morte) aux hexagones de Devil’s Postpine (genre de granit cristallisé), en passant par une faille sismique perdue parmi les arbres et un ancien village de mineurs dans le même genre d’environnement, nous avons – pour le plus grand bonheur d’Édouard! – marché par-dessus et par-dessous des pierres de toutes les tailles et toutes les couleurs. Paraît que ça donne bonne mine.

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October 16th, 2006 by Thierry
Jour 3 (en condensé…):
Une vallée creusée par la fonte des glaciers il y a 500 millions d’années, des arbres géants multi-millénaires, des centaines de kilomètres de vie sauvage… et deux petits belges écarquillant les yeux!

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October 15th, 2006 by Thierry
Jour 2 du mini road-trip!
Avec un sens de la contradiction notoire, nous avons quitté ce matin la côte Ouest de l’Ouest de l’Occident pour nous diriger vers l’intérieur des terres - à l’Est, vers les prairies, puis les montagnes, et puis le ciel… Une journée pour traverser les plaines du centre de la Californie, donc, où l’on apprend que le ”Golden State” porte bien joliment son nom: la ruée vers l’or ne révéla que la face sous-terraine d’un monde où tout est jaune sous le ciel bleu. Les prairies s’étendent à perte de vue - bien peu de vaches pour de si grands espaces - dans cette vallée agricole dont la subsistance repose sur les réseaux d’irrigation. En empruntant la passe de Pachecos - chemin tracé il y a des décennies par les colons en mal d’aventure - on ne peut s’empêcher de sentir la couleur de l’histoire locale. Une épopée, en effet, faite de longs trajets sur des routes à définir, d’étés chauds et de coups de pioche. L’imagination mise en branle dès le réveil par une visite dans les quartiers de John Steinbeck, natif de Salinas où nous avons passé la nuit, nous avons savouré ces routes. De la vie au livre, de la plume à la terre, en posant cette multitude de pas que le voyage invite à faire.

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October 15th, 2006 by Thierry
Départ ce matin de notre petit hotel aux murs roses, niché confortablement au centre-ville, près de Union Square. À bord de notre Pontiac (qui n’est pas rose, je précise), direction le sud via la très scénique “road 1″ qui longe l’océan en direction de Los Angeles. Après une pause-ravitaillement dans un quartier de San Francisco tout d’un coup moins cosy - le genre d’endroit où l’on passe vite le jour, et pas du tout la nuit - nous avons quitté la banlieue pour nous enfoncer dans la forêt. Quelques dizaines de kilomètres autorouteux à peine, et déjà un autre monde: ranches et bars de motards (selon qu’on est plutôt mustang, ou plutôt Harley) y partagent les bords des routes qui tracent un chemin sinueux entre les arbres aux troncs rouges et nous emmènent, à coups de chansons folk glanées sur les radios locales, vers la côte Pacifique. Un arrêt - plus tranquille, cette fois - dans un resto où l’on apprend que cette semaine, les citrouilles sont à l’honneur dans toute la région! Avec Halloween qui pointe déjà le bout de son nez, cela donne à l’horizon des couleurs chatoyantes: orange, jaune, rouge, et toutes les nuances intermédiaires - comme des pommettes sur le ciel plutôt gris. Pour conclure cette journée, une visite éclair à l’aquarium de Monterey (construit, pour la petite histoire, sur le site d’une ancienne usine de sardines en boîte) suivie d’un passage - aussi bref qu’intense - dans une fête locale où Sweet Home Alabama déchaînait les foules. C’est le début de ce qu’on appellera un mini-road trip en Californie. À déguster au jour le jour…

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October 13th, 2006 by Thierry
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October 12th, 2006 by Thierry
C’est l’archipel le plus isolé au monde. On y trouve pourtant des KFC (voir le chapitre “Yangshuo”), des ATM machine (connues aussi sous le nom de mister crash), et des McDonalds (intraduisible antre alimentaire). On y trouve aussi des colliers de fleurs, portés indifféremment par les locaux au service des touristes et les touristes qui ne servent qu’à ça - faire tourner le commerce en vidant les poches de leurs shorts (à fleurs également) pour acheter ces colliers ou tout autre artefact fabriqué sur ces îles dont ils sont la principale source de revenu. On y trouve, encore, des champs de canne à sucre (industrie florissante importée par des entrepreneurs venus du mainland) dont le jus délicieux agrémente les coktails servis dans les hotels, et des ranchs emplis de vachettes brouteuses d’algues qui proposent, à l’occasion, des ballades à cheval pour les paniolo (cow-boy hawaiien) d’un jour. Il y a aussi de nombreux ports, où les bateaux de pêche cotoient les pavillons de croisière qui emmènent quotidiennement à la rencontre des baleines, des tortues de mer, et de toute la clique des poissons multicolores du Pacifique des palmipèdes bienheureux, dont certains respirent plus souvent par l’intermédiaire de leur tuba qu’autre chose. Au-dessus de ces eaux - bleu, bleu, bleu - le ciel de la même couleur, parsemé d’hélicoptères qui, sur un air de Magnum, offrent des tours de l’archipel pour le plus grand plaisir des… Quelques nuages dans ce ciel, tout de même, en particulier au-dessus des volcans qui sont à l’origine des îles; après cet acte créateur, ils sont aujourd’hui reconvertis en (cochez votre préférence): site touristique, réserve naturelle inaccessible, centre d’entraînement militaire. Car l’armée est le second grand bailleur de fond de l’archipel. Pearl Harbor est à trois brasses de Waikiki; les drapeaux patriotes flottent au-dessus des plages de sable fin. Bienvenue à Hawaii, lopin de terre au milieu du Pacifique où les communautés hippies (originaires du mainland…) adeptes du shaka (mode de vie au ralenti) acceuillent au prix fort (plus taxe) les jeunes mariés et les vieux golfeurs. On y vit tranquille, au son du reggae (Bob de préférence) et des vagues, qui lèchent indifféremment les planches de surf et les plantes de pied - et celles des riches comme celles des déshérités. On rencontre les premiers le jour, les seconds la nuit, sur des plages qui sont un purgatoire où il fait bon fermer les yeux. À l’horizon de Sunset Beach, le souvenir des lépreux de Molokai. Et, à travers la variété des accents américains qu’on entent ici, les échos du rêve made in USA.

Le ciel d’Hawaii est un peu moins clair que d’habitude, ce matin. Une éruption volcanique sur Big Island couplée à des vents contraires, et voilà un smog digne de Pékin au-dessus des têtes blondes des plagistes. C’est un “voggy day”, comme le publie gentiment le Honolulu Advertiser. Une transition en douceur vers le brouillard de la baie de San Francisco…
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October 3rd, 2006 by Thierry
J’ai vu le lever du soleil à l’aéroport de Hong Kong et je le regarde, au coucher, depuis la baie vitrée de Tokyo/Narita. J’attends, en somme: encore quelques heures et c’est reparti pour un tour au-dessus des nuages. Demain matin - si tout va bien - l’aube à Honolulu!

Ci-dessus: un sushi-man dos et un boeing. Le paysage local, quoi.
PS: Une anecdote rigolote: j’ai quitté Hong Kong à 9h00 ce mardi matin et arriverai - si tout va bien (bis!) - à Hawai’i ce mardi matin à… 7h00! Soit “un jour de plus dans la vie”, comme l’a justement fait remarquer ma colocataire écossaise. Ceci dit, si on me proposait un jour en supplément, l’aéroport de Tokyo ne serait probablement pas sur ma short-list des meilleurs endroits pour le passer.
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September 28th, 2006 by Thierry
J’ai quitté les régions montagneuses avec des chaussures respectables (1.5 kg à chaque pied), une gabardine (fort utile à Xi’an ces derniers jours), une écharpe rouge et un parapluie (au cas ou le froid ou l’humidité décideraient de s’installer un peu plus perceptiblement). Habitude prise suite aux longs voyages de bus dont on connaît l’heure de départ mais jamais d’arrivée, j’ai aussi emporté à boire et à manger, à lire et à écouter - bref: de quoi parcourir la route de la soie aller et retour dans la froideur qui approche. Toutes ces précautions se sont cependant avérées non seulement superflues, mais aussi fort encombrantes pour aller de Xi’an à Shenzhen: quelques centaines de kilomètres plus au sud et revoilà les 30 degrés bien sonnés, les promeneurs en shorts et slashs, et puis cette odeur de sel dans l’air - la mer est à bout de bras. J’ai retrouvé, cependant, les parapluies. Mais, ici, ils protègent du soleil les jeunes filles qui veulent garder le teint blême.
Si les vêtements de trappeur étaient donc inutiles, j’ai tout de même fait - pour la première fois - usage de mon kit de divertissement personnel: un lecteur de mp3 en forme de pomme et une paire de monstrueux écouteurs, moelleux comme des cakes à la carotte, tampons imparables contre la réalité du monde externe. Je l’avais laissé en plan jusqu’à présent; j’avais plutôt soif des mélopées locales. Conversations dans un patois insondable, coups de klaxon à gogo, bruits corporels en tous genres: c’est l’abécédaire de la décibélité chinoise, à déguster sur le pouce, au gré des transports en commun, et c’est savoureux. Aujourd’hui, pourtant, était un jour pour la musique en boîte. Et, de fait, en cruisant à travers les rues de Shenzhen au son de “Strange Days” de Jim Morisson, depuis mon beau bus bleu j’ai eu droit à l’expérience fort plaisante de la “cinématification” du voyage: peu importe où l’on se rend, vivre le déplacement au rythme du walkman donne aux paysages que l’on croise un air de septième art. Ça vous habille le regard, ça donne aux mouvements de passants des airs de ballet contemporain, et ça fait du plus quelconque trajet de bus un authentique road movie.
J’en étais là de cette mini-extase routarde lorsque les Doors - encore eux - ont surenchéri avec “Love Me 2 Times”. Sur le chemin du retour à Hong Kong, cela semblait plutôt auspicieux.
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September 27th, 2006 by Thierry
Deux jours dans l’ancienne capitale impériale, à passer de flaque en flaque au gré des plics et des plocs… La douce odeur de la pluie, le bruit des orteils mouillés qui grincent au fond des chaussettes, et ce murmure continu qui descend du ciel et se couche sur les pavés: voilà ce qui colore cette carte postale de Xi’an, à peine effleurée - comme cette Chine que je quitte demain, déjà, et que j’espère bientôt retrouver…

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